« Less is more ? L’art de concilier son projet culturel et la taille de son festival… »

JEUDI 5 DECEMBRE – 14h00-16h00
4bis – Salle de concert

 » Less is more ? L’art de concilier son projet culturel et la taille de son festival… « 

Table ronde
Proposée par Le Collectif des festivals
Dans le cadre d’un cycle de tables rondes sur l’économie des festivals menés avec les équipes des Rencontres Trans Musicales et du festival Panoramas / projet SE / cW.

La taille des festivals : du festival de niche à la course à la croissance.
Quelle est la bonne taille de festival pour aller avec mon projet culturel ? Ou pour assurer la stabilité de mon projet ?

Une question revient régulièrement chez ceux qui organisent un festival, 2 ans, 5 ans, 10 ans après la première édition… Grossir ou non ? Accueillir plus de festivaliers ou pas ?
Les pressions financières chaque année plus importantes (des cachets artistes en hausse, des frais de sécurité en hausse, des aides publiques qui stagnent ou diminuent, une équipe salariée permanente…) obligent à se poser des questions essentielles sur le projet artistique et culturel du festival pour maintenir un équilibre budgétaire : augmenter le prix du billet, augmenter la jauge, trouver de nouveaux partenariats…

A cela s’ajoute également des pratiques qui évoluent chez les festivaliers, entre une recherche d’expériences au sein de petits festivals ou festivals de niche et une demande de très gros évènements rassembleurs. Par ailleurs, les festivaliers comme les organisateurs sont en attente d’une expérience festivalière plus durable[1] et permettant de mettre en cohérence les valeurs de chacun avec le festival. Le développement du festival pose inévitablement des questions en termes d’impacts sociaux et écologiques qu’ils soient positifs ou négatifs.

Trouver le point d’équilibre… C’est l’enjeu difficile aujourd’hui de nombreux festivals de taille « moyenne » ou à taille « humaine », indépendants, défendant un projet artistique fort et confrontés à une concurrence réelle et à une évolution des pratiques des festivaliers[2].
C’est également ce que souligne Martine Robert[3] sur l’inquiétude des festivals de taille intermédiaire[4]. L’engouement pour les festivals a fait « flamber de 45 % les cachets des têtes d’affiche entre 2015 et 2018, selon le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA) ». Malgré des taux de remplissage élevé, l’équilibre budgétaire ne semble plus au rendez-vous.
Dans cette typologie entre petits, moyens et gros festivals, on peut faire le lien avec les travaux de Viviane Tchernonog[5] sur le paysage associatif français ; les festivals bretons étant, dans une grande majorité, organisés par des associations. « Les petites associations voient leur nombre et leur poids relatif augmenter dans les dernières années, mais elles ne représentent qu’un poids économique très limité. Les grandes associations, gérant un budget supérieur à 500 000 €, ont vu leur nombre relatif baisser dans la dernière période de 2,1% mais leur poids économique augmenter de 1,9%. Le secteur associatif a continué de se concentrer, les plus grosses associations ayant absorbé une part de l’activité des associations de taille moins importante. Les associations de taille intermédiaire continuent de baisser en termes de nombre et de poids dans le budget total du secteur associatif. »[6]

Chiffre CNV / Etude BAROFEST de 2015 :
Catégorisation en fonction de la billetterie ou du budget artistique (ou contrats de cession)
Petits – de 10 000 € : 702 petits festivals
Moyens entre 10 000 et 100 000 € : 880 festivals moyens
Gros + de 100 000 € : 258 gros festivals

[1] Voir le compte-rendu de la table ronde organisée en 2017 lors des Rencontres & Débats sur le thème « Festivals et DD : et demain ? »
[2] Voir la campagne d’information et de communication du SMA « Festivals, indépendance et diversité », juin 2019
[3] Journaliste, responsable des rubriques Economie de la culture, Services aux entreprises et Mécénat, au journal Les Echos.
[4] Les festivals de taille intermédiaires inquiets, Les Echos (web), Martine Robert, publié le 21 juin 2019.
[5] Chercheure au CNRS, au Centre d’économie de la Sorbonne de l’Université Paris 1 dans lequel elle développe des recherches portant sur l’analyse socio-économique des associations.
[6] Les associations, état des lieux et évolutions. Viviane Tchernonog, CNRS, Octobre 2018, Crédit Coopératif. Données issues de : Le paysage associatif français – Mesures et évolutions, 3ème édition, Viviane TCHERNONOG et Lionel PROUTEAU, Dalloz Juris Associations, mai 2019

Notice Festival/ Festivaliers : http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/festival-festivalier/
Notice EAC : http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/education-artistique-et-culturelle/
Notice Sociologie des publics : http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/sociologie-des-publics-de-la-culture/